01 décembre 2010

Archéo, quand les sciences s'emmêlent

 

Archéo, quand les sciences s’emmêlent

 

Public visé: enfants de 10 à 14 ans

Objectif: faire prendre conscience, par la pratique, de l’intérêt de la pluridisciplinarité (ici, appliquée à l’archéologie) et appliquer la démarche scientifique.

Durée de l'animation: 6h

Testé par: deux classes de 5e primaire.

 

Selon le principe de la démarche scientifique, la journée débute par un questionnement. Un « objet-mystère » préhistorique est présenté aux élèves.

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(c) MPW

Le questionnement posé par l’archéologue-animateur est le suivant : bien qu’isolé de tout contexte, cet objet peut-il tout de même nous apprendre des choses sur les hommes du passé ?

Emerge alors une série d’hypothèses quant à sa nature et sa fonction :

-         « C’est de l’os ! Du silex ! … Du plastique ! »

-         « C’est un outil pour couper les branches, une arme de chasse, un porte-clé… »

Toutes les idées sont retenues, mais aucune réponse n’est apportée. Les enfants, acteurs, devront eux-mêmes écarter les hypothèses invraisemblables au fil des expérimentations.

 

L’archéologie ne s’apparente pas à une chasse au trésor, où seul l’objet retrouvé aurait une importance intrinsèque. Le contexte dans lequel l’objet est retrouve apporte une quantité d’informations non négligeables sur ce dernier. Dans le cas présent, en l’absence de contexte à analyser, les enfants sont rapidement bloqués dans leurs recherches. Il leur est alors proposé de se rendre à la fouille pédagogique afin d’appliquer méticuleusement les techniques de fouilles et comprendre dans quelle mesure le contexte influence les interprétations.

Une fois la fouille effectuée, le résultat est analysé. Un objet du même type que l’objet mystère a été retrouvé et bénéficie, cette fois, d’un contexte étudiable.

Les portes de la réserve sont ensuite exceptionnellement ouvertes aux enfants. Ils se rendent compte ici des études qui peuvent être effectuées sur les artefacts et prennent dans le même temps conscience de l’importance du recours aux sciences annexes.

Les enfants ont été impressionnés par la quantité d’objets et surtout par le fait de pouvoir mettre les pieds là où d’autres n’ont pas l’opportunité d’entrer.

A peine entrés dans le bureau, les questions fusent face aux crânes conservés dans les armoires : « Ce sont des vrais ? ». On leur explique comment reconnaître les dents d’animaux retrouvés en fouilles. Par comparaisons, les enfants testent et cela fonctionne !

Ils ont également l’occasion de toucher « les vrais outils des hommes préhistoriques ».

Après cette visite, les hypothèses émises en début de journée sont affinées : les matières silex et plastique sont abandonnées.

 

En l’observant en début de journée, les enfants se sont aperçus que l’objet avait été gravé. Pour comprendre ce qui peut être à l’origine de ces décorations, mais surtout pour identifier la matière dans laquelle est fabriqué l’objet-mystère, les enfants sont amenés à passer de la théorie à la pratique en refaisant eux-mêmes les gestes du passé. Après avoir fabriqué eux-mêmes un outil en silex, ils sont invités à tester ce dernier sur différentes matières. En comparant les traces du test et l’objet-mystère, l’identification de la matière se précise : il s'agit de bois animal.

Mais comment savoir de quand datent les objets de la Préhistoire ? Comment rattacher l’objet-mystère à une époque précise ? Grâce à des dispositifs simples, les enfants découvrent alors les méthodes de datation couramment utilisées en archéologie.

Au fil de la journée, l’identification se précise : il s’agit d’un objet de bois de renne, vraisemblablement utilitaire, utilisé par des chasseurs-cueilleurs de l’ère glaciaire. Seule sa fonction reste encore un mystère. La visite dans le musée apporte néanmoins des éléments de réponse : il aurait un lien avec la chasse.

 

Pour tenter de comprendre à quoi pouvait servir cet objet-mystère, les enfants testent une activité du quotidien des chasseurs préhistoriques : la chasse au propulseur.

Très vite, il leur apparaît que les longues flèches utilisées, les sagaies, ont un défaut : l’humidité les rend courbes. Pour les redresser, leur appliquer une série de pressions est nécessaire. Or, ces séries de pressions sont difficiles à réaliser. L’objet-mystère trouve alors sa fonction : utilisé comme un levier, il rend plus facile le redressement de la pointe. Cette interprétation est confirmée par des témoignages ethnographiques.

Copie_de_toucher_1

(c) MPW

 

Enseignants, enfants et animateurs, nous attendons vos témoignages concernant cette journée!

 

Posté par prehistosite à 14:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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